En bref
Avant de louer un véhicule hors d’Europe, vérifiez :
- votre permis et la nécessité d’un permis international ;
- les règles de circulation et l’état des routes ;
- les assurances, franchises et exclusions ;
- votre assistance voyage en cas d’accident ;
- l’état du véhicule avant de prendre la route.
Les pièges de la location d’un véhicule dans un pays lointain
Louer une voiture pour parcourir les États-Unis, un 4x4 au Costa Rica, un scooter en Thaïlande ou une moto au Vietnam peut donner une tout autre dimension à un voyage. Vous gagnez en liberté, pouvez sortir des itinéraires touristiques et découvrir votre destination à votre propre rythme.
Mais louer un véhicule et conduire hors d’Europe ne s’improvise pas. Permis de conduire, code de la route, état des routes, habitudes de conduite, assurances : les différences avec la Belgique peuvent être importantes.
Avant de signer le contrat et de repartir avec les clés ou le casque sous le bras, voici les principales précautions à prendre.
1. Vérifiez si votre permis belge est valable dans le pays visité
C’est la toute première chose à vérifier. Hors de l’Espace économique européen, ne partez pas du principe que votre permis belge suffit. Vérifiez si le pays de destination le reconnaît et si un permis de conduire international est nécessaire.
Le permis international est une traduction du permis national et doit être présenté avec votre permis belge. Pour un résident belge, il se demande auprès de sa commune. Sa durée de validité peut atteindre trois ans, sans toutefois dépasser celle du permis national.
Attention également à la catégorie du véhicule. Pouvoir conduire une voiture ne signifie pas nécessairement être autorisé à conduire n’importe quelle moto ou n’importe quel scooter à l’étranger.
Les règles relatives au permis international peuvent varier selon les destinations. La FIA publie un répertoire permettant de vérifier les règles par pays.
Conseil : effectuez ces vérifications avant de réserver le véhicule, et pas seulement lorsque vous vous trouvez au comptoir du loueur.
2. Renseignez-vous sur les règles de circulation locales
Conduire à Bangkok, Tokyo, Marrakech ou Los Angeles peut être très différent de conduire à Bruxelles ou dans un endroit que vous connaissez.
Avant le départ, renseignez-vous notamment sur :
- le côté de la route sur lequel on circule ;
- les limitations de vitesse ;
- les règles de priorité ;
- les règles applicables aux ronds-points ;
- le taux d’alcool autorisé au volant (évitez de toute façon de consommer de l’alcool si vous voulez conduire);
- le port du casque à moto ou à scooter ;
- le port de la ceinture ;
- l’utilisation du téléphone au volant ;
- le transport des enfants ;
- les règles de stationnement ;
- les péages et règles d’accès à certaines routes ;
- les éventuelles obligations particulières imposées aux conducteurs étrangers.
Ne partez jamais du principe que les règles belges s’appliquent également ailleurs.
Un autre réflexe utile consiste à télécharger à l’avance les cartes de votre destination sur votre smartphone afin de disposer de la navigation hors connexion. Une solution pratique dans les régions où la couverture mobile est limitée.
Attention aux sanctions locales
Respecter le Code de la route local est d’autant plus important que les sanctions peuvent être très différentes selon les pays. La gravité de l’infraction, un excès de vitesse, une conduite dangereuse ou la conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues peuvent entraîner une amende, une interdiction de conduire et, pour les infractions les plus graves, des poursuites pénales pouvant aller jusqu’à une peine d’emprisonnement. Les limites d’alcoolémie et la manière dont les infractions sont sanctionnées varient fortement d’un pays à l’autre. Avant de prendre le volant, vérifiez toujours les règles et sanctions en vigueur dans votre destination.
3. Trafic chaotique : observez avant de vous lancer
Dans certaines grandes villes d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, la circulation peut surprendre un conducteur européen. Voitures, bus, motos, scooters, vélos, piétons et parfois animaux peuvent se partager un même espace.
À cela s’ajoutent parfois des habitudes de conduite auxquelles vous êtes peu habitué (vitesse, manœuvres, utilisation du klaxon, freinages intempestifs…) ce qui peut considérablement augmenter votre stress.
La meilleure attitude ? Ne cherchez pas à imiter immédiatement la conduite locale.
Lors de vos premiers kilomètres :
- réduisez votre vitesse ;
- augmentez vos distances de sécurité ;
- évitez les manœuvres brusques ;
- concentrez-vous sur votre environnement plutôt que sur votre GPS ;
- évitez, si possible, de découvrir une circulation très dense de nuit ou juste après un long vol.
Et si la circulation vous semble réellement hors de votre zone de confort, choisissez une autre solution de déplacement.
4. Tenez compte de l’état des routes
Une distance qui paraît courte sur une carte ne signifie pas nécessairement que le trajet sera rapide ou facile.
Hors des grands axes touristiques, vous pouvez rencontrer des routes dégradées, des pistes non asphaltées, des nids-de-poule, des passages inondés, du sable ou de la boue. Dans les régions montagneuses, certaines routes peuvent aussi être étroites, sinueuses, dépourvues de protections latérales ou longer des ravins.
Les conditions météorologiques peuvent encore compliquer le trajet. Tenez compte des changements subits de la météo, comme par exemple le passage rapide d’un temps ensoleillé à une forte averse.
N’oubliez pas non plus que les routes sont d’autant plus dangereuses dans l’obscurité.
Avant de partir dans une région isolée, posez-vous donc une question simple :
La route est-elle praticable avec mon véhicule ?
Une petite voiture de location n’est pas un 4x4. Et même si vous avez loué un SUV, cela ne signifie pas automatiquement que votre contrat vous autorise à emprunter des pistes ou des routes non goudronnées.
Pensez également au carburant ou à la recharge. Dans certaines régions peu peuplées, les stations-service ou les bornes peuvent être éloignées. Mieux vaut donc anticiper.
Anticipez aussi les heures du coucher du soleil afin de ne pas être surpris par l’obscurité.
5. Louer un scooter ou une moto : pratique, mais pas sans risque
Dans de nombreuses destinations touristiques, le scooter semble être la solution idéale : peu cher, facile à garer et disponible presque partout.
Mais facilité de location ne signifie pas autorisation de conduire !
Un loueur peut accepter de vous remettre les clés alors que votre permis ne correspond pas nécessairement à la catégorie du véhicule. Il est donc indispensable de vérifier les règles applicables avant de prendre la route.
Avant de louer un deux-roues, contrôlez notamment :
- la catégorie de permis nécessaire ;
- la nécessité éventuelle d’un permis international ;
- l’âge minimal du conducteur
- les règles locales concernant le port du casque ;
- les conditions de location ;
- les assurances et exclusions applicables.
Conseil : Portez toujours un casque adapté et correctement attaché, même si vous constatez que les conducteurs locaux ne le font pas systématiquement.
6. Vérifiez vos assurances et votre assistance voyage
Le prix affiché pour la location d’un véhicule ne dit pas tout. Une offre très attractive peut devenir beaucoup moins intéressante si les assurances sont limitées ou si une franchise importante reste à votre charge.
Avant de signer, prenez le temps de vérifier précisément ce qui est couvert en cas d’accident, de dégâts ou de vol.
Commencez par la responsabilité civile, qui intervient pour les dommages causés à des tiers. Vérifiez qu’elle est bien comprise dans votre contrat de location et renseignez-vous sur ses éventuelles limites.
Examinez ensuite la couverture des dommages au véhicule et du vol. Selon la formule choisie, une partie des frais peut rester à votre charge. Le montant de la franchise est donc important : demandez-vous toujours combien vous pourriez devoir payer de votre poche en cas de sinistre.
Quelques précautions pour éviter le vol :
- Verrouillez toujours la direction et ne laissez jamais les clés sur le véhicule.
- Utilisez si possible un antivol supplémentaire. Attachez le scooter à un point fixe.
- Privilégiez un endroit fréquenté, bien éclairé ou surveillé pour stationner.
- Ne laissez aucun objet de valeur visible sur le scooter. Emportez avec vous votre smartphone, portefeuille, documents et autres objets importants.
- Gardez les documents du véhicule avec vous plutôt que de les laisser dans le coffre du scooter lorsque vous vous éloignez.
- Vérifiez les conditions d’assurance contre le vol.
- Photographiez le scooter et notez son numéro d’immatriculation. En cas de vol, ces informations pourront être utiles pour votre déclaration auprès de la police et du loueur.
Soyez également attentif aux exclusions du contrat. Certains dommages ou certaines utilisations du véhicule peuvent ne pas être couverts. Cette vérification est particulièrement importante si votre itinéraire vous conduit sur des routes non asphaltées ou si vous prévoyez de louer une moto ou un scooter.
Assurer le véhicule ne suffit pas. Pensez aussi à votre propre protection.
Un accident à l’autre bout du monde peut nécessiter des soins médicaux, une hospitalisation et, dans les situations les plus sérieuses, un rapatriement.
Avant votre départ, vérifiez que vous disposez d’une bonne assistance voyage adaptée à votre destination** et au type de voyage prévu, et examinez notamment les garanties relatives :
- aux frais médicaux à l’étranger ;
- à une éventuelle hospitalisation ;
- à l’assistance sur place en cas d’accident ;
- au rapatriement lorsqu’il est médicalement nécessaire ;
- aux plafonds, franchises et exclusions prévus par votre contrat.
Si vous prévoyez de conduire une moto ou un scooter, prêtez une attention particulière aux conditions ou exclusions éventuellement prévues par votre contrat d’assistance et assurez-vous de disposer du permis requis.
Enfin, gardez le numéro de votre centrale d’assistance dans votre téléphone. En cas d’accident nécessitant des soins ou une hospitalisation, contactez-la dès que possible pour connaître la marche à suivre.
En bref : vérifiez trois éléments avant de partir : votre responsabilité envers les autres, la couverture du véhicule loué et votre propre protection en cas d’accident.
7. Inspectez le véhicule avant de prendre la route
Ne montez pas simplement dans le véhicule pour démarrer immédiatement. Prenez quelques minutes pour en faire le tour avec votre smartphone.
Vérifiez la carrosserie
Photographiez ou filmez notamment :
- les bosses et les griffes ;
- les éclats de peinture ;
- les pare-chocs ;
- les jantes ;
- le pare-brise et les autres vitres ;
- les rétroviseurs.
Pour une voiture, pensez aussi au toit et aux parties basses du véhicule, facilement oubliés lors de l’inspection.
Demandez que les dommages existants soient correctement repris sur l’état des lieux ou le document de prise en charge avant votre départ.
Contrôlez les pneus
Regardez l’état général des pneus et recherchez toute usure ou détérioration manifestement anormale. Si vous partez dans une région isolée, vérifiez également la présence d’une roue de secours ou d’un kit de réparation.
Testez les équipements essentiels
- les phares ;
- les clignotants ;
- les feux stop ;
- les essuie-glaces et le lave-glace ;
- l’avertisseur sonore ;
- les ceintures de sécurité ;
- la climatisation si elle est indispensable à destination.
Pour une moto ou un scooter
- les pneus ;
- les freins ;
- les feux et les clignotants ;
- les rétroviseurs ;
- l’état général du véhicule.
Examinez aussi le casque fourni et demandez-en un autre s’il est endommagé.
8. Photographiez le kilométrage et le niveau de carburant
Un geste de quelques secondes peut éviter bien des discussions.
Au moment de la prise en charge du véhicule, photographiez le kilométrage et le niveau de carburant ou de charge.
Faites de même au moment de la restitution.
Vérifiez également les conditions concernant le carburant afin de savoir avec quel niveau vous devez rendre le véhicule.
Pour une voiture électrique, renseignez-vous sur les conditions de restitution de la batterie ainsi que sur les possibilités de recharge sur votre itinéraire.
9. Votre habillement et votre équipement
À moto ou à scooter, un équipement adapté est indispensable pour rouler dans de bonnes conditions. Prévoyez des chaussures solides, et laissez les sandales et les tongs de côté, ainsi qu’une veste, un pantalon long, des gants et des lunettes de soleil. En cas de dérapage ou de chute, des vêtements couvrants vous offriront une meilleure protection.
Pensez également à emporter un vêtement de pluie, surtout si votre itinéraire vous conduit dans des régions où les conditions météo peuvent évoluer rapidement. C’est notamment le cas lorsque vous passez, au cours d’un même trajet, de la plage à des zones de montagne en altitude.
Si vous prévoyez de rouler en fin de journée ou lorsque la visibilité diminue, une veste fluorescente peut également s’avérer très utile.
Enfin, gardez avec vous un smartphone chargé et en bon état de fonctionnement. En cas de problème, il vous permettra de contacter rapidement de l’aide, à condition bien sûr de disposer d’une couverture réseau suffisante.
10. Que faire en cas de panne ou d’accident ?
N’attendez pas d’être confronté à un problème pour vous poser la question.
Avant de quitter l’agence, enregistrez dans votre téléphone :
- le numéro d’assistance du loueur ;
- le numéro de votre assistance voyage ;
- les numéros d’urgence locaux.
Comme votre assistance voyage Redion n’intervient pas en cas de problème technique à un véhicule hors de l’Europe, il est primordial de demander au loueur quelle procédure suivre en cas d’accident, de panne, de crevaison ou de vol et quels documents devront éventuellement être établis.
En cas d’accident impliquant des blessures, contactez en premier les services d’urgence locaux si nécessaire et prévenez ensuite votre centrale d’assistance afin de connaître les démarches liées à votre couverture médicale.
11. Au retour, ne négligez pas l’état des lieux
La prudence ne s’arrête pas lorsque vous garez le véhicule sur le parking de votre agence de location.
Si possible, restituez-le pendant les heures d’ouverture de l’agence et demandez qu’un collaborateur contrôle son état.
Prenez à nouveau des photos ou une vidéo montrant :
- la carrosserie ;
- les roues ;
- l’intérieur ;
- le kilométrage ;
- le niveau de carburant ou de charge.
Conservez ensuite le contrat de location, les documents relatifs à l’état du véhicule, vos photos et les éventuels justificatifs.
Checklist : que vérifier avant de prendre la route ?
☐ Votre permis belge est accepté dans le pays
☐ Vous disposez d’un permis international si nécessaire
☐ Votre catégorie de permis correspond au véhicule
☐ Tous les conducteurs sont correctement repris au contrat
☐ Vous avez vérifié la responsabilité civile
☐ Vous connaissez la couverture en cas de dommages et de vol
☐ Vous connaissez le montant de la franchise
☐ Vous avez vérifié les principales exclusions
☐ Votre assistance voyage couvre les frais médicaux à l’étranger
☐ Vous avez vérifié les conditions de rapatriement
☐ Les conditions concernant une moto ou un scooter sont vérifiées si nécessaire
☐ Les dommages existants sont enregistrés et photographiés
☐ Les pneus et les principaux équipements sont contrôlés
☐ Le kilométrage est photographié
☐ Le niveau de carburant ou de batterie est photographié
☐ Vous connaissez les conditions de restitution du carburant ou de la batterie
☐ Les numéros d’assistance sont enregistrés
☐ Vous connaissez les principales règles de circulation locales
☐ Votre itinéraire est adapté au véhicule choisi
☐ Vous avez les vêtements et équipements adéquats
Conclusion
Louer une voiture, une moto ou un scooter hors d’Europe peut être une formidable manière de découvrir un pays en toute liberté. Mais cette liberté demande un minimum de préparation.
Avant de démarrer, retenez quatre réflexes essentiels : vérifiez que vous avez le droit de conduire le véhicule choisi, familiarisez-vous avec les règles et les conditions de circulation locales, examinez attentivement les assurances liées au véhicule et assurez-vous de disposer d’une assistance voyage adaptée en cas d’accident ou de problème médical.
Quelques vérifications avant de tourner la clé peuvent vous éviter bien des soucis.
FAQ : louer une voiture, une moto ou un scooter hors d’Europe
Pas nécessairement. Vérifiez avant votre départ si votre destination reconnaît le permis belge et si vous avez besoin d’un permis international. Le permis international accompagne votre permis national et ne le remplace pas.



